Quelques reflexions sur la reforme du tarif d'assurance Auto

Très nombreux sont les assureurs français qui paraissent admet­tre aujourd'hui la nécessité de réformer les méthodes actuelles de tarification de l'assurance automobile. De nos jours en effet la possession d'un véhicule automobile n'est plus le privilège de la classe bourgeoise aisée; de très nombreux petits fonctionnaires, employés, artisans et ouvriers tant à la ville qu'à la campagne considèrent un tel véhicule comme absolument indispensable à la vie moderne. Cet état d'esprit est particulièrement vrai chez les jeunes ménages pour lesquels le véhicule automobile se situe tout à fait au sommet de la hiérarchie des besoins, immédiatement après la chambre à coucher et bien souvent avant la salle de bains ou le frigidaire.

Pour mesurer l'ampleur du problème ainsi posé aux assureurs, il est utile d'examiner le tableau de l'annexe no z extrait d'une étude récente faite par l'I.N.S.E.E. à la demande du centre de recher­ches et de documentation sur la consommation (C.R.E.D.O.C.) et publiée en Décembre 1960.

On constate notamment que:

1°/ sur 4.539.000 véhicules à 4 roues, 1.053.000 appartiennent à des ouvriers ou à du personnel de Service et 657.000 à des agri­culteurs;

2°/ ces véhicules sont achetés d'occasion pour la plupart;

3°/ leur kilométrage annuel est très inférieur au kilométrage moyen général; autrement dit la dispersion des kilométrages autrefois relativement faible parait s'être accrue très considéra­blement ces dernières années.

Ces constatations expérimentales s'expliquent d'ailleurs aisément si l'on songe aux ressources limitées dont disposent ces "marginaux" de l'automile qui, d'ailleurs, ont bien souvent acheté leur vehicule à crédit.

Les particularités du risque automobile des "marginaux" (et notamment le petit kilométrage parcouru chaque année) amènent à penser que le tarif français actuel n'est pas adapté à leur cas particulier. Pour s'en rendre compte il suffit de remarquer qu'une prime de 30.000 anciens francs représente pour l'automobiliste qui parcourt chaque année 3.000 Kms : Io anciens francs par kilo­mètre alors qu'elle ne représente qu'un ancien franc par kilomètre pour celui qui parcourt 30.000 Kms (cas relativement fréquent).

Par ailleurs, on peut penser que le coût moyen des sinistres de personnes transportées est plus faible pour les voitures appartenant à la classe ouvrière que pour les voitures appartenant à la classe aisée.

La couche des nouveaux venus à l'automobile a donc l'impression que le tarif français actuel n'est pas démocratique et les intéressés réagissent par des réflexes d'autodéfense tels que:

  1. constitution de groupements artificiels d'assurés salariés dans le cadre de l'entreprise (flottes d'entreprise) ou dans le cadre syndical;
  2. projets de création de mutuelles professionnelles ou non.

Ces groupements ou mutuelles qui bouleverseraient complète­ment la distribution de l'assurance automobile et partant de l'assu­rance tout court, paraissent de nature à mettre en question l'exis­tence même des réseaux d'Agents Généraux des Sociétés.

Les assureurs automobiles, les agents et les courtiers sont pour la plupart conscients du grave danger que constituerait une atti­tude d'indifférence devant les revendications légitimes des assurés "marginaux" dont le nombre doit s'accroître considérablement dans un proche avenir, mais ils se séparent sur le choix de la meil­leure méthode à employer pour réformer le tarif traditionnel.

Dans l'exposé que je ferai maintenant de certains projets de réforme, je ne parlerai pas de la diminution pourtant souhaitable du chargement de gestion. Certes un effort doit être entrepris dans cette voie par toutes les parties en cause de façon que le prix du service n'apparaisse pas insupportable à la nouvelle couche sociale d'assurés à laquelle nous nous intéressons. Mais le problème prin­cipal consiste, à mon avis, à créer un tarif épousant mieux le risque que ne le fait le tarif traditionnel.


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